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Et pour retrouver la bande annonce : Star Trek la BA

Une piste circulaire, une boule d’acier projetée comme un boulet de canon, deux équipes de joueurs casqués et rembourrés, équipés de gants cloutés, montés sur des motos ou des rollers : voilà le Rollerball. L’ objectif est de placer la boule dans une sorte de panier et pour y parvenir, tous les moyens ou presque sont bons. A tel point que la durée de vie d’un joueur de Rollerball est de l’ordre de deux ou trois ans... Sauf Jonathan E.
Depuis 10 ans, Jonathan E (James Caan) est le numéro 1 incontesté du Rollerball. Adulé des foules, il finit par inquiéter les cadres des cartes, qui voient en lui une menace potentielle. Jonathan reçoit donc l’instruction d’annoncer sa retraite sportive. Mais il n’a jamais oublié, et encore moins pardonné, une décision du cartel qui lui a pris la femme qu’il aimait parce qu’elle était réclamée par un de ses cadres... Jonathan va résister et pour se débarasser de lui, les cartels vont supprimer le peu de règles qui subsistaient dans le Rollerball...
Bien avant qu’on parle de téléréalité, Norman Jewison (s’inspirant d’une nouvelle de William Harrison) invente le sport-réalité... et signe au passage une terrible charge contre la société de consommation, poussée ici à son extrême, ou du moins à l’extrême de ce qu’on pouvait imaginer au début des années 70.
Son héros n’est pas un rebelle, ni même un homme violent en dehors de la piste de Rollerball. Il n’aspire qu’à une seule chose, en fait : vivre avec la femme qu’il aime et comprendre le monde dans lequel il vit. Qui prend les décision ? Sur quelles bases ? Pourquoi ? Apparemment, il est le seul à se les poser. Et peu à peu, les éléments du passé tels que les livres, devenus inutiles, disparaissent ou sont remaniés. la rencontre de Jonathan avec Zéro, l’ordinateur censé contenir la somme de toutes les connaissances humaines, est carrément Kafkaïenne, la machine ayant apparemment "pété les plombs" depuis longtemps déjà, bien avant d’avoir "égaré" l’ensemble des données concernant le 13ème siècle ...
Et sur la forme, le film est tout aussi fort que sur le fond. Quelle violence ! Peu de films antérieurs à Rollerball peuvent rivaliser à ce niveau, à l’exception d’Orange Mécanique (Mad Max étant arrivé 4 ans plus tard). Et aujourd’hui encore, elle continue à faire mouche, d’autant qu’elle est assez ambigüe. Les joueurs de Rollerball n’apparaissent ni des comme des héros, ni comme des meurtriers (qu’ils sont pourtant)...
Mais l’horreur de cette violence très particulière, érigée en spectacle comme les jeux du cirque à l’époque romaine, c’est dans les gradins qu’on la ressent le plus. Ce public hystérique, scandant le nom de Jonathan, rendus fou par la vue du sang, s’accrochant aux grilles comme des singes dans un zoo... ça donne des frissons. Et encore plus à la fin du film, quand on devine qu’il n’en faudrait pas beaucoup pour que le peuple se choisisse Jonathan comme nouveau dictateur. C’est sans doute là que réside le message que Norman Jewison a voulu faire passer. Et ce n’est pas un message très optimiste quant à la nature humaine...
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