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Joker

Todd Philips
lundi 13 avril 2020
par Didier GIRAUD
popularité : 11%

Dans l’Amérique du début des années 80, dans la ville de Gotham minée par le chômage, la misère et la criminalité, Arthur Fleck vit avec sa mère dans un appartement sordide d’un quartier pauvre et tente péniblement de gagner sa vie comme clown. Handicapé par une maladie mentale qui le pousse à rire dans les moments de stress, il rêve de devenir humoriste. Mais sa vie va basculer lorsque, après avoir perdu son travail, il se retrouve accidentellement en possession d’une arme et, agressé par trois traders employés par Wayne Enterprises, les abat impitoyablement, encore vêtu de sa tenue de clown. Arthur commence alors à prendre goût à la notoriété du clown tueur qui devient le symbole de la révolte contre les riches de Gotham, dont Thomas Wayne, candidat à la mairie de Gotham, est le premier représentant...

Lorsqu’en 2017, Warner et DC lancent le projet d’un film consacré au Joker, déconnecté de l’univers de la saga "Justice League", on était loin d’imaginer ce qu’il allait en résulter. S’agissait-il d’une forme de riposte au Logan de chez Marvel, sorti la même année, film post-apocalyptique à l’ambiance crépusculaire très éloigné des canons des blockbusters de super-héros ? Toujours est-il que le projet était ambitieux, les noms de Martin Scorcèse et Leonardo Di Caprio y étant associés... et finalement, c’est Todd Philips qui s’est retrouvé en charge de la réalisation et du scénario, lui qui était plutôt connu pour des comédies sans prétention. Quant à Joaquin Phoenix, si la critique le reconnaissait depuis longtemps comme un acteur très talentueux, il était loin d’avoir la notoriété de Di Caprio auprès du grand public.

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Quoi qu’il en soit, le résultat n’a rien de commun avec les films de super-héros désormais traditionnels, quel que soit l’angle sous lequel on l’analyse.

Todd Philips, avec son scénario, a d’ailleurs pris quelques libertés avec les versions les plus classiques concernant la genèse du Joker, cet ennemi de Batman apparu dès le numéro 1 sorti en 1940 ! Pas de chute dans une cuve de produits chimiques, pas d’assassinat des parents de Bruce Wayne (même si le tueur porte un masque en son honneur) comme dans le Batman de Tim Burton... Le Joker de Todd Philips est en fait très proche de celui d’Alan Moore publié en 1988 (Batman : The Killing Joke).

Ce Joker incarné par Joaquin Phoenix n’a en fait pas grand chose à voir avec les précédents, incarnés par des acteurs aussi prestigieux que Jack Nicholson et Heath Ledger. Ce dernier avait proposé dans The Dark Knight un Joker plus sobre que celui de son prédécesseur, ce qui lui avait valu de très nombreuses récompenses (dont un Oscar). Mais la performance de Joachin Phoenix risque de mettre tout le monde d’accord, dans les traditionnels débats de fans visant à savoir qui est le meilleur Joker !

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Car avant qu’il sombre définitivement dans la folie et devienne le Joker, on ne peut s’empêcher d’éprouver une certaine sympathie pour Arthur Fleck, dont la vie n’a rien d’enviable, entre maladie mentale, précarité et vie commune avec une mère tout aussi névrosée que lui, d’autant qu’il semble faire tout son possible, au début du film, pour s’en sortir.

Mais au delà de son personnage de victime, ce Joker est avant tout un symbole social, un symbole de la lutte des plus démunis contre les nantis. Ce n’est pas par hasard si ses premières victimes (ses agresseurs, en fait) sont des traders ! Ni si celui qui deviendra son ennemi est le personnage le plus riche et le plus puissant de Gotham. Et ce n’est donc pas un hasard non plus si le masque du Joker s’est retrouvé quelques semaines, quelques mois plus tard, dans toutes les manifestations de la planète, portés par tous estimant être exploités ou opprimés (comme cela avait été le cas à une époque avec le masque de V Pour Vendetta, devenu le symbole du mouvement Anonymous).

Aux Etats Unis, le film a d’ailleurs créé une polémique et a été accusé de faire l’apologie de la violence... Pas étonnant, dans la patrie du libéralisme, qu’un film encourageant les miséreux à se révolter et à s’en prendre aux nantis puisse faire débat ! Il faut dire que la fin est particulièrement violente, montrant une Gotham à feu et à sang, aux mains des insurgés, avec une police totalement débordée.

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Dans tout ça, les super-héros sont très loin... et c’est ce qui fait la force du film de Todd Philips, remarquablement bien réalisé, avec un rythme maîtrisé alternant dans une certaine lenteur des moments de la vie quotidienne et des scènes d’une rare violence, servi par la performance hallucinante de Joachin Phoenix, qui semble avoir trouvé là le rôle de sa vie. Comme quoi Hollywood est encore capable de nous surprendre, en allant parfois chercher un chef d’œuvre là où on s’y attend le moins !

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