Le Labyrinthe de Pan ( Pan’s Labyrinth )
Il y a en Guillermo Del Toro deux réalisateurs : celui qui a réalisé Mimic, Hellboy et Blade 2 ... et celui qui a réalisé l’Echine du Diable et le Labyrinthe de Pan, qui ont en commun de se dérouler pendant la guerre civile espagnole. Même si les 3 premiers sont de bons films, c’est un autre genre, un autre style. Finis, les effets spéciaux spectaculaires et faciles, et les scenarii simplistes. La Labyrinthe de Pan est infiniment plus subtil, et sans doute plus personnel aussi.
L’héroine du film est une jeune fille du nom d’Ofélia. Un jour, suivant un étrange insecte volant, elle découvre un labyrinthe dans lequel elle va rencontrer Pan, un faune à l’aspect démoniaque, qui lui révèle qu’elle est la princesse disparue d’un royaume magique, qu’elle pourra retrouver si elle parvient à accomplir trois épreuves. En parallèle, sa mère s’est remariée à un officier fasciste particulièrement sadique, dont la servante, Mercedès, tente d’aider la résistance en lui transmettant des renseignements ...
Ce film a reçu de nombreuses nominations et récompenses dans différents festivals et cérémonies, dont 3 oscars en 2007, quand même ! Et les critiques ont été relativement unanimes. Certains sont même allés jusqu’à évoquer Lewis Caroll ... Mais on est loin, très loin, de la féérie (à part peut être avec l’insecte qui la guide vers Pan) et de la fantaisie d’Alice au Pays des Merveille, ou de De l’Autre Côté du Miroir ! Bien au contraire : le film est particulièrement sombre,et dur, avec des scènes difficilement soutenables pour un public non averti. Sergi Lopez est d’ailleurs remarquable dans son rôle d’officier sadique.
Mais au delà de ces quelques passages parfois à la limite du "gore", au delà des décors, maquillages et autres effets spéciaux remarquablement dosés et réussis, ce qu’on retiendra de ce film, c’est l’interprétation que le spectateur peut faire de ces deux histoires qui se jouent en parallèle (dans un monde peut être imaginaire, et au beau milieu d’une guerre bien réelle) sans jamais se rejoindre.
Les plus "terre à terre" verront dans la partie imaginaire une illusion, un rêve ou des hallucinations, et surtout un refuge pour une jeune fille traumatisée par la guerre et sa violence. D’autres y verront un symbole : la transition entre un passé où on pouvait encore croire à la magie et aux créatures légendaires, et un présent froid et impitoyable, symbolisé par l’officier qu’interprète Sergi Lopez, dans lequel la magie n’a plus sa place.
Heureusement qu’l y a encore des films pour nous rappeler qu’au delà de nos portables, du Wifi, et de toutes nos technologies nouvelles ... la magie, le surnaturel, l’inconnu, l’étrange et l’inexpliqué existent peut être encore !
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